Entre 1 et 2,5 millions de personnes - selon les sources gouvernementales et syndicales - ont défilé contre la réforme des retraites ce 31 janvier à travers la France. Clivant, le grand projet d’Emmanuel Macron souligne aussi, en creux, une réflexion sociétale plus importante : pour qui et pourquoi travailler ? Les confinements successifs dus à la pandémie de Covid-19, l’explosion du télétravail, le vieillissement de la population, parmi d’autres facteurs, ont mis en relief les frustrations et désagréments imposés par une vie consacrée à travailler pour « la gagner ». Et des envies d’ailleurs. Pour comprendre ce tournant majeur, nous vous proposons trois éclairages : le premier, signé Marc Loriol (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne) revient sur la notion du « beau travail », une fierté issue du travail ouvrier mais qui tend désormais à disparaître en même temps que le sentiment d’appartenance à un collectif.

Et comment accepter de travailler toujours plus lorsque la pénibilité de l’effort n’est ni reconnue ni amoindrie par des politiques publiques d’ampleur ? L’étude édifiante de Jean-Yves Juban et Isabelle Salmon (Université Grenoble Alpes) auprès d’éboueurs montre ainsi qu’en matière de santé et d’usure physique, il est urgent de passer d’une logique « de réparation » à celle de prévention.

Enfin, nous revenons sur la semaine de quatre jours, bientôt à l'essai dans le service public en Picardie, et qui, comme le démontre Marie-Rachel Jacob (EM Lyon Business School), ne change en rien la charge de travail et la notion de productivité collective.

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Bonne lecture,

Clea Chakraverty

Cheffe de rubrique Politique + Société

Un magasinier prépare une commande, le 29 juin 2004 à Quimper dans l'entrepôt de la nouvelle usine Armor-Lux. Le groupe breton a été choisi comme habilleur exclusif de La Poste et de ses quelque 150 000 postiers. Fred Tanneau/ AFP

Le « beau travail », une revendication ouvrière trop souvent oubliée

Marc Loriol, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

La fierté du « beau travail » est une revendication ouvrière et même un besoin psychosocial pour tenir dans un travail particulièrement pénible.

Durant une collecte de déchets, comme ici à Paris, la fréquence cardiaque d’un éboueur frôle le niveau considéré comme excessif. Wikimedia commons

Travailler plus longtemps mais… dans quel état ? Le cas des éboueurs

Jean-Yves Juban, Université Grenoble Alpes (UGA); Isabelle Salmon, Université Grenoble Alpes (UGA)

Certains employeurs prennent aujourd’hui en compte la pénibilité des ripeurs et adaptent leurs politiques de gestion des ressources humaines.

Un temps plein de 32 heures réparties sur 4 jours permettrait notamment une répartition moins genrée des rôles parentaux.

Semaine de quatre jours : autant de travail à faire en moins de temps ?

Marie-Rachel Jacob, EM Lyon Business School

La culture du travail « 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 » constitue un obstacle à la mise en place effective des aménagements du temps de travail.

Notre sélection des articles de la semaine

 

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